Élections Maroc 2026 : résultats, cartes et analyse | Kharita
Transparence et GouvernanceFrançais··9 دقيقة قراءة·بقلم Kharita
Élections Maroc 2026 : résultats, cartes et analyse
Résultats des élections au Maroc en 2026, cartes par région, province et commune, évolution depuis 2016 et méthode pour bien interpréter les données.
›Sommaire13 sections13 sections
Les élections législatives marocaines du 23 septembre 2026 ont renouvelé les
395 sièges de la Chambre des représentants. Le PAM arrive en tête avec 97
sièges, devant le RNI (66), le Parti de l'Istiqlal (65) et le PJD (54). Mais
un résultat national ne dit pas où se trouvent les continuités, les bascules et
les écarts territoriaux. Pour cela, il faut changer d'échelle et revenir aux
données.
Kharita réunit trois couches complémentaires : les législatives de 2016, 2021
et 2026 par région et par province ou préfecture, ainsi que les élections
communales de 2015 et 2021 à l'échelle des 1 503 communes. Cet article explique
ce que ces cartes montrent, ce qu'elles ne montrent pas, et comment les
analyser sans faire dire aux polygones plus que les chiffres.
38%
de participation aux élections législatives de 2026
Ministère de l'Intérieur, résultat national définitif relayé par Maroc.ma, 24 septembre 2026
Résultats des élections Maroc 2026 : le PAM en tête, sans majorité absolue
Les commissions provinciales et régionales de recensement ont proclamé des
résultats définitifs identiques aux résultats généraux provisoires : 97 sièges
pour le PAM, 66 pour le RNI, 65 pour le PI et 54 pour le PJD.1
L'addition des quatorze formations représentées donne bien 395 sièges.
Répartition des 395 sièges de la Chambre des représentants en 2026
En sièges
Couche régionale Kharita, d'après les résultats définitifs du ministère de l'Intérieur
▸ Voir les données
PAM
97
RNI
66
PI
65
PJD
54
MP
29
USFP
26
PPS
19
UC
17
MDS
8
AG
8
FFD
2
Parti de l'Équité
2
PND
1
PUD
1
La majorité absolue se situe à 198 sièges. Le premier parti n'en détient donc
pas la moitié à lui seul. Cette arithmétique explique pourquoi lire uniquement
la couleur dominante d'une carte serait insuffisant : le parti arrivé en tête
dans un territoire ne possède pas nécessairement la majorité des sièges dans
ce territoire, et le parti arrivé premier au niveau national ne gouverne pas
seul pour autant.
نقاش
التعليقات
La Chambre des représentants compte 395 membres : 305 élus dans les circonscriptions locales et 90 dans les circonscriptions régionales.
CAPTAIN RAJU, Wikimedia Commons, CC0 1.0, photographie du 31 janvier 2026
Ce qui a changé entre 2021 et 2026
Comparer deux scrutins exige un périmètre identique. La couche régionale
additionne, pour 2021 et 2026, les sièges locaux et régionaux : 395 sièges à
chaque date. Sur cette base, quatre mouvements ressortent nettement.
Évolution des sièges des principaux partis entre 2021 et 2026
En sièges
Calcul Kharita sur la couche régionale des élections législatives
▸ Voir les données
2021
2026
PAM
87
97
RNI
102
66
PI
81
65
PJD
13
54
MP
28
29
USFP
34
26
PPS
22
19
UC
18
17
Le PJD passe de 13 à 54 sièges, soit un gain de 41. Le RNI recule de 102
à 66 sièges, tandis que le PAM progresse de 87 à 97. Le PI reste parmi les
trois premières forces mais passe de 81 à 65 sièges. Ces variations décrivent
la composition de la Chambre ; elles ne mesurent pas directement une variation
en points de voix, car le nombre de sièges dépend aussi du découpage en
circonscriptions et de la règle de répartition.
La carte régionale : une synthèse nationale
La carte régionale permet de comparer rapidement les 12 régions et d'ouvrir le
détail des sièges par parti. Elle est adaptée à une présentation nationale,
mais elle masque les différences internes entre métropoles, villes moyennes,
zones rurales et espaces de montagne.
جارٍ تحميل الخريطة…
Le curseur temporel donne accès aux trois élections législatives. Une prudence
est nécessaire pour 2016 : les valeurs régionalisées couvrent les 305 sièges
des circonscriptions locales, car les 90 sièges de l'ancienne circonscription
nationale ne peuvent pas être attribués à une région. Les millésimes 2021 et
2026 couvrent, eux, les 395 sièges locaux et régionaux. On peut comparer les
implantations territoriales, mais pas tracer une courbe nationale brute
2016–2026 sans signaler ce changement de périmètre.
Provinces et préfectures : là où la géographie devient plus précise
La couche provinciale contient 75 provinces et préfectures pour chacun des
scrutins de 2016, 2021 et 2026. Elle porte sur les 305 sièges des
circonscriptions locales, un périmètre constant dans la série. C'est donc la
meilleure couche pour rechercher les bascules territoriales comparables entre
les trois élections.
جارٍ تحميل الخريطة…
La couleur par défaut représente le nombre total de sièges locaux rattachés au
territoire, et non le parti vainqueur. Ce nombre est structurellement stable :
pour étudier une formation, il faut examiner les champs seats_pam,
seats_rni, seats_pi, seats_pjd ou le champ du parti recherché. Dans QGIS,
on peut dupliquer la couche, filtrer chaque copie par année et appliquer la
même classification aux deux cartes.
À Casablanca, les huit préfectures d'arrondissements électorales de la source
ont été agrégées dans le polygone provincial de Casablanca. Le champ
source_ids garde la trace des identifiants d'origine. Cette transformation
évite de présenter huit géométries électorales comme huit provinces
administratives indépendantes.
Participation : une baisse nationale en 2026
Le ministère de l'Intérieur a annoncé un taux national définitif de 38,02 %
en 2026. Le communiqué de résultats provisoires rappelait 42,27 % en 2016 et
50,86 % en 2021.2 La série décrit un taux national ; elle ne dit
pas si la baisse est homogène dans chaque province.
Participation aux élections législatives
En %
Ministère de l'Intérieur, chiffres relayés par Maroc.ma
▸ Voir les données
2016
42,27
2021
50,86
2026
38,02
La comparaison territoriale de la participation demanderait un tableau
homogène au même niveau géographique pour les trois dates. En son absence, il
serait imprudent de remplir une carte communale avec un taux national ou de
comparer des taux régionaux provenant de méthodes différentes.
Les élections communales : la mosaïque des 1 503 communes
Les élections communales répondent à une autre question : la composition des
conseils locaux, et non celle de la Chambre des représentants. La couche
Kharita rassemble 2015 et 2021, soit 3 006 entités : une observation par
commune et par scrutin.
جارٍ تحميل الخريطة…
Les couleurs représentent le parti arrivé en tête. Elles ne représentent ni
le nombre d'habitants, ni la population inscrite, ni le total des voix. Une
vaste commune rurale occupe plus d'espace sur l'écran qu'un quartier urbain
dense, même si son poids électoral est plus faible. C'est le biais visuel
classique des cartes choroplèthes électorales.
Le comptage suivant porte sur les couples « commune–scrutin » de 2015 et 2021
réunis. Il décrit une fréquence territoriale, pas une part nationale des voix.
Partis le plus souvent arrivés en tête dans une commune, 2015 et 2021 réunis
En communes-scrutins
Calcul Kharita sur 3 006 observations communales TAFRA/elections.ma
▸ Voir les données
RNI
797
PAM
711
PI
505
USFP
250
MP
248
PJD
161
PPS
131
UC
129
MDS
33
Comment les résultats ont été joints aux limites administratives
Un tableau électoral n'est pas immédiatement une carte. Les noms peuvent
changer d'orthographe, plusieurs communes peuvent partager un nom proche et
les villes divisées en arrondissements ne correspondent pas directement aux
polygones communaux.
La préparation communale suit quatre contrôles reproductibles :
normaliser les noms sans accepter automatiquement des rapprochements flous ;
joindre exactement les 1 497 communes non divisées ;
additionner les voix des 41 arrondissements vers Casablanca, Fès,
Marrakech, Rabat, Salé et Tanger ;
vérifier les 1 503 correspondances, le système EPSG:4326, l'emprise et la
validité des géométries.
Trois analyses utiles dans QGIS
Repérer les changements de parti en tête
Filtrez deux copies de la couche temporelle sur les années à comparer, puis
joignez-les sur le code territorial. Un champ calculé peut distinguer
« stabilité » et « changement ». Gardez toutefois le nombre de voix ou de
sièges dans l'infobulle : deux couleurs différentes peuvent correspondre à une
bascule très serrée.
Mesurer la compétitivité
Pour les communales, le champ lead_share_pct renseigne la part du premier
parti dans les voix partisanes comptabilisées. Une analyse plus solide calcule
aussi l'écart entre les deux premiers. Une faible avance signale une commune
compétitive ; elle ne prouve ni fraude, ni instabilité future.
Croiser avec la démographie sans commettre d'erreur écologique
On peut joindre les résultats à la population, à l'urbanisation ou à
l'accessibilité des services. Ces croisements décrivent des territoires, pas
les comportements individuels. Observer qu'un parti obtient davantage de
sièges dans des provinces plus urbanisées ne permet pas d'affirmer que les
habitants urbains ont individuellement voté pour ce parti.
Les limites à garder visibles
Les législatives et les communales sont deux scrutins différents ; leurs
résultats ne se fusionnent pas comme une série unique.
Le parti arrivé en tête n'est pas nécessairement majoritaire.
La surface d'un polygone ne mesure ni les électeurs, ni les voix, ni les
sièges.
Les données communales de TAFRA ne fournissent pas le nombre d'inscrits
nécessaire à certains recalculs.
Les 90 sièges nationaux de 2016 ne peuvent pas être régionalisés ; ils sont
donc absents de la carte historique régionale de ce millésime.
Les couches ne descendent pas au bureau de vote et ne permettent pas une
analyse intra-communale fine.
Une corrélation spatiale ne constitue pas une explication causale du vote.
Des résultats nationaux à une lecture territoriale
Le résultat de 2026 tient en une ligne : PAM 97 sièges, RNI 66, PI 65, PJD 54.
La géographie électorale commence après cette ligne. La région donne la
synthèse, la province rend les évolutions locales comparables, et la commune
révèle une mosaïque que les totaux nationaux effacent.
La bonne carte n'est donc pas celle qui colore le plus de territoire. C'est
celle qui répond explicitement à quatre questions : quel scrutin, quelle
unité géographique, quelle mesure et quel périmètre temporel ?