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Population du Maroc 2015-2030 à 100 m : estimations WorldPop | Kharita
Données ouvertesFrançais··9 min de lecture·Par Kharita
Population du Maroc 2015-2030 à 100 m : estimations WorldPop
Explorez 16 cartes annuelles de la population du Maroc à 100 m avec WorldPop, de 2015 à 2030 : méthode, projections, usages dans QGIS et limites.
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Entre un chiffre national de population et la réalité d'un quartier, il existe
un immense changement d'échelle. Une commune peut compter des dizaines de
milliers d'habitants sans que ceux-ci soient répartis uniformément : certains
pixels correspondent à des immeubles denses, d'autres à des terrains agricoles,
des reliefs ou des espaces inhabités. La série WorldPop Global2 2015-2030
propose une estimation annuelle de cette distribution sur une grille d'environ
100 mètres, pour l'intégralité du territoire national, régions du Sud
incluses.
La collection publiée sur Kharita réunit 16 cartes annuelles, une par
millésime de 2015 à 2030. Elle permet d'explorer les concentrations humaines,
de calculer la population potentiellement desservie par un équipement ou
exposée à un aléa, et d'étudier une trajectoire démographique. Mais elle exige
une précaution essentielle : aucune de ces cartes n'est un recensement pixel
par pixel.
Chargement de la carte…
Ce que contient réellement un pixel
Chaque pixel contient un nombre estimé de personnes résidentes. Une valeur
de 18,4 signifie que le modèle attribue environ 18,4 habitants à cette
cellule. La décimale est normale : WorldPop répartit statistiquement des
effectifs administratifs entre de nombreuses cellules. Un pixel ne localise
donc ni un ménage ni une personne identifiable.
L'unité est personnes par pixel, pas personnes par kilomètre carré. Pour
estimer la population d'une zone, il faut additionner ses cellules. Pour
calculer une densité, il faut ensuite diviser cette somme par la surface réelle
de la zone. Cette distinction compte particulièrement en EPSG:4326, car la
surface d'une cellule exprimée en degrés varie avec la latitude.
Propriété
Valeur
Fournisseur
WorldPop, Université de Southampton
Produit
Global2 R2025A v1 alpha, constrained
Période
2015-2030, annuelle
Nombre de cartes
16
Variable
population résidente estimée
Unité
personnes par pixel
Résolution
3 secondes d'arc, environ 100 m à l'équateur
Projection
WGS 84 - EPSG:4326
Type de pixel
Float32
DOI
10.5258/SOTON/WP00839
Discussion
Commentaires
Licence
CC BY 4.0, avec avertissement ODbL pour certains composants dérivés d'OSM
La lecture exhaustive des COG publiés donne 34 858 163 personnes estimées
en 2015, 38 821 222 en 2025 et 40 421 884 en 2030. L'écart modélisé
entre 2015 et 2030 est de 5 563 721 personnes, soit environ +15,96 %. Ces
totaux sont des sommes de pixels Float32 : les décimales conservées dans les
fichiers expliquent que les résultats bruts ne soient pas des entiers.
Estimation ou prédiction : comment nommer les années ?
En langage courant, il serait tentant d'appeler 2015-2025 des « observations »
et 2026-2030 des « prédictions ». Ce serait trop simple. La documentation de
WorldPop décrit toute la collection comme un ensemble d'estimations
annuelles modélisées. Les données démographiques administratives disponibles
sont interpolées ou projetées, puis désagrégées spatialement.
Pour rendre la temporalité lisible dans le catalogue, Kharita utilise trois
libellés :
2015-2025 : estimations historiques modélisées ;
2026 : estimation/projection de l'année courante ;
2027-2030 : projections futures.
Cette distinction indique la position de l'année par rapport à la date de
publication, pas un changement brutal de nature scientifique. Même 2020 ou
2023 reste une reconstruction de modèle, pas une photographie exhaustive de
la population cette année-là.
Pourquoi la carte 2023 n'est pas une copie de 2025
WorldPop ne conserve pas exactement le même raster en changeant uniquement son
étiquette. Les totaux démographiques annuels évoluent, et la distribution
spatiale est aussi modélisée dans le temps. La méthode Global2 utilise une
désagrégation dasymétrique fondée sur Random Forest : des variables liées
aux établissements humains aident à répartir les effectifs administratifs vers
les cellules où la présence de population est vraisemblable.
La note de version décrit aussi un modèle d'évolution du bâti utilisant
notamment des références 2015, 2020, 2025 et 2030, avec interpolation entre
elles. L'évolution annuelle est ajoutée à la grille précédente. Les rasters
2023 et 2025 peuvent donc différer à la fois par leurs totaux et par la
répartition des pixels. Cela ne signifie pas pour autant que toute variation
locale observée entre deux cellules correspond à un déménagement réel : à
petite échelle, une partie du changement provient des hypothèses du modèle.
Dans une agglomération dense comme Casablanca, une grille de 100 m permet de dépasser la moyenne communale et de repérer les concentrations modélisées. Elle ne remplace toutefois pas un recensement d'immeubles ou de ménages.Neonstar, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0
Quelles données démographiques alimentent le Maroc ?
Le registre d'entrée de Global2 R2025A documente, pour le Maroc, le
Recensement général de la population et de l'habitat 2014 du
Haut-Commissariat au Plan comme point démographique détaillé. La même source
est indiquée pour l'emprise WorldPop ESH. Aucun second recensement détaillé
plus récent n'est renseigné dans cette version du tableau mondial.
WorldPop produit ensuite des séries administratives annuelles et aligne les
totaux nationaux sur la révision 2024 des Perspectives de la population
mondiale de l'ONU. Pour cette raison, l'information spatiale fine ne doit pas
être présentée comme si elle provenait directement du RGPH 2024. La publication
R2025A v1 est en outre annoncée comme une version alpha, susceptible d'être
révisée.
Cette transparence est importante : une carte très détaillée visuellement peut
donner une impression de certitude supérieure à celle de ses données d'entrée.
La résolution de 100 m est la taille de la grille de sortie, pas une garantie
d'exactitude à 100 m.
Une couverture nationale continue
WorldPop diffuse les sources nécessaires sous deux emprises. Pour Kharita,
elles sont assemblées sur leur grille native commune puis découpées une seule
fois avec la limite nationale complète. Le résultat est un raster continu du
nord aux régions du Sud, sans publier une couche séparée pour le Sahara.
Les 16 millésimes utilisent exactement la même grille, la même projection et
le même NoData. Cette cohérence permet de changer d'année dans la carte sans
décalage de pixels et facilite les calculs temporels reproductibles.
Dans les espaces ruraux, la population est souvent concentrée dans des noyaux d'habitat séparés par de vastes cellules faiblement peuplées. La désagrégation évite de répartir uniformément les habitants sur toute une commune.Angeline A. van Achterberg / African Studies Centre Leiden, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0
Trois usages utiles au Maroc
Mesurer l'accessibilité aux services
On peut croiser la population avec des temps de trajet vers les hôpitaux,
écoles, gares ou centres administratifs. La somme des pixels situés à moins de
30 ou 60 minutes donne une estimation de la population potentiellement
desservie. Il faut présenter le résultat comme une estimation dépendante à la
fois du réseau de transport et de WorldPop.
Estimer une population exposée
La grille peut être combinée avec une emprise d'inondation, une classe de
danger d'incendie, une vague de chaleur ou un scénario de sécheresse. On
additionne les pixels de population qui recoupent l'aléa. Cela mesure une
exposition potentielle, pas un bilan de victimes ni une prévision
opérationnelle.
Comparer urbanisation et population
Le croisement avec Esri Land Cover, Dynamic World, WorldCover ou le bâti GHSL
permet d'étudier où l'augmentation démographique modélisée accompagne
l'extension urbaine. Les deux sources doivent garder leur propre temporalité :
une différence WorldPop n'est pas automatiquement causée par une différence
d'occupation du sol.
Utilisation dans QGIS
Chargez plusieurs millésimes dans QGIS et appliquez le même dégradé
séquentiel, par exemple Inferno, avec le même étirement pour faciliter
la comparaison.
Pour calculer une population dans un polygone, utilisez des statistiques
zonales avec la somme. Vérifiez le traitement des pixels coupés par la
limite.
Pour agréger vers une grille plus grossière, utilisez une méthode qui
conserve les comptes, généralement la somme. Une moyenne changerait la
signification de la variable.
Pour calculer une densité, reprojetez les zones dans un système métrique
approprié, calculez leur surface en km², puis divisez la population agrégée
par cette surface.
Pour analyser l'évolution, soustrayez deux années alignées mais évitez
d'interpréter chaque pixel isolément. Les agrégations par commune, bassin de
vie ou maille régulière sont plus robustes.
Ce que cette série ne permet pas d'affirmer
Elle ne mesure pas la population présente à une heure donnée ni les
navetteurs, touristes ou déplacements saisonniers.
Elle ne localise pas les habitants individuels et ne remplace pas le RGPH.
Une valeur nulle ou NoData ne prouve pas l'absence absolue de population.
Les comparaisons locales peuvent refléter les hypothèses d'interpolation,
l'évolution modélisée du bâti ou la qualité variable des données d'entrée.
Les années futures n'intègrent pas les événements imprévisibles après la
production : catastrophe, déplacement forcé, nouveau projet urbain ou
changement économique majeur.
La version R2025A v1 étant alpha, une prochaine publication peut modifier
les valeurs.
La meilleure utilisation de WorldPop est donc celle d'un dénominateur
spatial ouvert et reproductible : suffisamment détaillé pour améliorer les
analyses nationales et régionales, mais toujours accompagné de sa méthode, de
son année, de son incertitude et, lorsque cela est possible, d'une comparaison
avec les statistiques officielles du HCP.
Questions fréquentes
La carte WorldPop 2025 est-elle un recensement ?
Non. C'est une estimation spatiale issue de données démographiques
administratives, d'interpolations ou projections et d'une redistribution par
modèle. Elle complète les statistiques du HCP pour certaines analyses
géographiques, mais ne les remplace pas.
Les fichiers 2023 et 2025 sont-ils identiques ?
Non. Leur empreinte complète de pixels est différente et leur somme nationale
modélisée passe d'environ 38,06 millions en 2023 à 38,82 millions en
2025. Il faut toutefois agréger les changements avant de les interpréter : une
variation isolée dans une cellule ne prouve pas un déplacement réel.
Pourquoi une carte 2030 existe-t-elle déjà ?
Parce que 2030 est une projection démographique, fondée sur les tendances
et hypothèses disponibles lors de la production. Elle décrit un scénario de
référence cohérent avec les totaux ONU, pas une population future certaine.
Peut-on mélanger l'ancien WorldPop 2025 et cette série ?
Pas dans une même analyse temporelle sans précaution. L'ancien fichier Kharita
2025 provient de la version bêta R2024B, tandis que cette collection utilise
R2025A v1 alpha pour toutes les années. Pour comparer 2015 à 2030, utilisez les
16 fichiers de la même série R2025A ; conservez R2024B comme version archivée
et traçable.
Attribution recommandée : WorldPop, Global2 R2025A v1, DOI
10.5258/SOTON/WP00839, CC BY 4.0. WorldPop signale que des obligations ODbL
peuvent s'appliquer aux composants dérivés d'OpenStreetMap. Les photographies
sont attribuées individuellement dans leurs légendes.