Quelles normes faut-il réellement définir dans un projet SIG ? Référentiel spatial, modèle de données, formats, services OGC, métadonnées et qualité : découvrez notre guide pratique.
Qu'est-ce qu'un SIG ? Guide complet des systèmes d'information géographique (définition, usages, logiciels) | Kharita
TutorielFrançais··8 min de lecture·Par Kharita
Qu'est-ce qu'un SIG ? Guide complet des systèmes d'information géographique (définition, usages, logiciels)
Définition simple du SIG (système d'information géographique) : couches de données, raster et vecteur, télédétection, logiciels QGIS, exemples concrets au Maroc — agriculture, eau, aménagement.
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Où implanter un nouveau barrage ? Quelles terres sont les plus vulnérables à
la sécheresse ? Par où faire passer une route à moindre coût ? Toutes ces
questions ont un point commun : elles portent sur l'espace. Et pour y
répondre, une seule famille d'outils existe depuis soixante ans : les
systèmes d'information géographique, ou SIG. Ce guide explique ce
que c'est, comment ça fonctionne, et pourquoi c'est devenu indispensable —
au Maroc comme ailleurs.
Définition : qu'est-ce qu'un SIG ?
Un SIG (système d'information géographique), en anglais GIS
(Geographic Information System), est un système informatique capable de
collecter, stocker, analyser et représenter des données localisées —
c'est-à-dire des informations rattachées à une position sur la Terre.
La formule classique est simple :
SIG = une carte + une base de données + des outils d'analyse
Là où une carte papier fige l'information, un SIG la rend dynamique et
interrogeable : on peut superposer des couches, poser des questions
(« montre-moi toutes les zones agricoles à moins de 5 km d'un oued »),
calculer des surfaces, mesurer des distances, simuler des scénarios.
On emploie aussi les termes géomatique (la discipline) et
données spatiales ou géodonnées (les informations manipulées).
Le principe fondateur du SIG : décomposer le monde réel en couches thématiques superposables — modèle de terrain, hydrographie, imagerie satellite, cartes thématiques — que l'on peut combiner et analyser ensemble.Paititi Research
Le concept clé : les couches de données
Tout SIG repose sur une idée géniale dans sa simplicité : superposer des
couches thématiques géoréférencées. Chaque couche décrit un aspect du
territoire :
une couche routes,
une couche précipitations,
une couche ,
Discussion
Commentaires
types de sols
une couche relief,
une couche limites administratives…
Prises séparément, ces couches racontent chacune une partie de l'histoire.
Superposées, elles permettent de répondre à des questions impossibles à
traiter autrement : « quelles zones ont à la fois un sol argileux, moins de
300 mm de pluie par an et une pente supérieure à 8 % ? » — c'est exactement
le genre de requête qu'un SIG résout en quelques secondes.
Les couches de données d'un SIG superposées : parcelles, zonage, topographie, occupation du sol, imagerie… Chaque couche décrit un thème, leur superposition permet l'analyse. Illustration officielle de l'USGS.US Geological Survey (USGS), domaine public
Les deux grands types de données spatiales
Les données vecteur
Le monde décrit par des géométries :
points : une station météo, un puits, une école ;
lignes : une route, un oued, une limite de commune ;
polygones : une parcelle agricole, une province, un bassin versant.
À chaque géométrie est attachée une table attributaire : le nom, la
population, la surface, n'importe quel descriptif. Formats courants :
Shapefile, GeoJSON, GeoPackage, KML.
Les données raster
Le monde décrit par une grille de pixels, où chaque pixel porte une
valeur :
l'altitude (modèle numérique d'élévation) ;
la pluie du mois (séries CHIRPS) ;
l'occupation du sol (forêt, culture, ville…) ;
l'image satellite elle-même.
La règle d'or : vecteur = objets discrets, raster = phénomènes continus.
Un SIG sérieux sait manipuler et croiser les deux.
D'où viennent les données ?
La télédétection : l'œil satellite
Les satellites d'observation de la Terre (Sentinel de Copernicus, Landsat de
la NASA, MODIS…) photographient la planète en continu, dans le visible comme
dans l'infrarouge ou le radar. C'est la source des couches modernes :
occupation du sol, végétation, pluie, relief, température.
Le satellite Sentinel-2B du programme européen Copernicus. Les constellations Sentinel alimentent gratuitement les SIG du monde entier — y compris de nombreux jeux de données publiés sur Kharita.ESA / GIM International
Les levés terrain et les administrations
GPS, drones, stations météo, recensements, cadastre, agences de l'eau : les
données de terrain restent irremplaçables. Au Maroc, des institutions comme
le HCP, la DGM, l'ANCFCC ou les agences de bassin hydrologique produisent
des référentiels essentiels.
Les données ouvertes
OpenStreetMap, Natural Earth, les catalogues Copernicus et NASA, et les
plateformes nationales comme Kharita mettent des jeux de données prêts
à l'emploi à disposition de tous — c'est ce qui a démocratisé le SIG.
Une histoire courte : de la carte papier au cloud
La cartographie est aussi vieille que les civilisations, mais le SIG est né
d'un besoin moderne : analyser, pas seulement dessiner.
Pendant des siècles, la carte était un objet figé et unique. Le SIG a transformé la carte en base de données vivante et interrogeable.Wikimedia Commons, domaine public
1854 : John Snow cartographie les cas de choléra à Londres et identifie
la fontaine contaminée — souvent citée comme la première « analyse
spatiale » de l'histoire.
1963 : Roger Tomlinson lance le CGIS au Canada, considéré comme le
premier véritable SIG informatisé.
Années 1980–1990 : les logiciels commerciaux (ARC/INFO, puis ArcGIS)
structurent le marché.
2002 : naissance de QGIS, logiciel libre qui démocratise la
discipline.
Années 2010–2020 : le SIG monte dans le cloud — Google Earth Engine,
données ouvertes massives, cartes web interactives.
À quoi sert un SIG au Maroc ? Exemples concrets
Agriculture et sécheresse
Croiser pluie (CHIRPS), propriétés des sols (SoilGrids) et occupation du sol
permet de suivre le stress hydrique des cultures, d'anticiper les campagnes
céréalières et de cibler l'irrigation. C'est le cœur de la veille agricole
moderne.
Eau et barrages
Délimiter les bassins versants à partir du relief (Copernicus DEM), suivre
les apports pluviométriques, hiérarchiser les bassins à surveiller : le SIG
est l'outil quotidien des agences de l'eau.
Aménagement du territoire
Où étendre une ville ? Où implanter une zone industrielle, une ligne à
grande vitesse, un parc solaire ? L'analyse multicritère spatiale (pente,
sol, distance aux réseaux, contraintes environnementales) est un exercice
SIG pur.
Gestion des risques
Inondations, glissements de terrain, incendies de forêt, séismes : cartes
d'aléa, zones d'exposition, plans d'évacuation — le SIG est au centre de la
prévention.
Environnement et climat
Suivi de la désertification, des forêts, du carbone des sols, de
l'artificialisation : les séries temporelles satellite permettent de mesurer
le changement, pas seulement de le constater.
Quels logiciels utiliser ?
Logiciel
Type
Pour qui
QGIS
libre et gratuit, bureau
le standard mondial, du débutant à l'expert
ArcGIS Pro
commercial, bureau
administrations et grandes entreprises
GRASS GIS
libre, analyse avancée
hydrologie et modélisation
Google Earth Engine
cloud, gratuit (recherche)
traitement massif de séries satellite
MapLibre / Leaflet
libres, web
développeurs de cartes interactives
Python (geopandas, rasterio, GDAL)
libre, programmation
automatisation et data science spatiale
L'interface de QGIS, le logiciel SIG libre de référence : vue cartographique au centre, gestionnaire de couches à gauche, boîte à outils d'analyse à droite. Gratuit, en français, et suffisant pour l'immense majorité des besoins.Documentation officielle QGIS
Pour débuter au Maroc, la réponse est simple : QGIS, gratuit, traduit en
français, avec une communauté immense — et les jeux de données de Kharita se
téléchargent en formats directement compatibles.
SIG et cartes web : la différence
Une confusion fréquente : Google Maps n'est pas un SIG, c'est un visualiseur
de cartes. Le SIG commence là où l'on peut analyser et produire de la
donnée, pas seulement la regarder. En revanche, les frontières bougent : les
cartes web interactives (comme celles de Kharita) rendent l'exploration
spatiale accessible à tous, sans logiciel ni formation — le SIG grand public,
en quelque sorte.
Questions fréquentes (FAQ)
C'est quoi un SIG en une phrase ?
Un système informatique qui relie des données à leur position géographique
pour les analyser et les cartographier.
Quelle est la différence entre SIG et cartographie ?
La cartographie produit des cartes ; le SIG produit des analyses dont la
carte n'est que le rendu final. Tout SIG fait de la cartographie, l'inverse
n'est pas vrai.
Quelle est la différence entre raster et vecteur ?
Le vecteur décrit des objets (points, lignes, polygones) avec une table de
descriptifs ; le raster est une grille de pixels où chaque cellule porte une
valeur (altitude, pluie, température…).
Est-ce difficile à apprendre ?
Les bases (afficher des couches, faire une carte, une requête simple)
s'apprennent en quelques jours sur QGIS. L'analyse avancée demande plus de
pratique, mais les ressources gratuites en français abondent.
Le SIG est-il utilisé au Maroc ?
Oui, massivement : ministères, agences de bassin hydrologique, ANCFCC,
collectivités, bureaux d'études, universités, ONG — et désormais le grand
public via les plateformes de données ouvertes.
Quel est le rapport avec le GPS ?
Le GPS fournit des positions ; le SIG les stocke, les croise et les
analyse. Le GPS est l'une des sources de données du SIG.
Pour aller plus loin
La meilleure façon de comprendre un SIG, c'est d'en utiliser un. Explorez
les couches marocaines directement dans le navigateur — relief, pluie, sols,
occupation du sol — puis téléchargez-les pour vos propres analyses dans QGIS.
Et si les histoires de systèmes de coordonnées vous intriguent, lisez notre
guide sur Merchich, WGS 84 et les projections au
Maroc.