Les 38 sites Ramsar du Maroc, avec leurs limites officielles
309 000 hectares de zones humides inscrites, de la baie de Dakhla aux lacs de l'Atlas — et cinq sites où le polygone officiel ne dit pas la même chose que la fiche.

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Le Maroc a inscrit 38 zones humides sur la Liste de Ramsar, la convention internationale qui protège lagunes, estuaires, lacs de montagne et oasis depuis 1971. On en connaissait les noms et les superficies déclarées ; on en connaît maintenant les limites officielles, telles que le Secrétariat de la Convention les diffuse1. Le jeu rejoint le catalogue sans simplification, avec un détail qui vaut d'être lu : pour quelques sites, le polygone et la superficie déclarée ne disent pas la même chose.
Trente-huit sites, 3 092 km²
Les 38 sites couvrent 309 161 hectares mesurés sur leurs polygones, soit 3 092 km² — l'équivalent de la province de Settat. Deux sites font à eux seuls plus du tiers de ce total : la baie d'Ad-Dakhla (61 016 ha), vaste lagune atlantique du Sud, et la moyenne vallée du Drâa (56 398 ha), chapelet d'oasis et de retenues au sud de Ouarzazate. Viennent ensuite la baie de Khnifiss (26 309 ha), l'embouchure de l'oued Drâa (19 110 ha) et l'oasis du Tafilalet (15 299 ha).
En hectares (superficie géodésique)
Convention de Ramsar, RSIS, 2026
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| Baie d'Ad-Dakhla | 61 016 |
|---|---|
| Moyenne Drâa | 56 398 |
| Baie de Khnifiss | 26 309 |
| Embouchure de l'oued Drâa | 19 110 |
| Oasis du Tafilalet | 15 299 |
| Barrage Al Massira | 12 807 |
| Embouchures des oueds Chbeyka-Al Wa'er | 11 826 |
| Côte Aftissate-Boujdour | 11 677 |
| Sebkha Bou Areg | 11 304 |
| Complexe du bas Tahaddart | 10 687 |
À l'autre bout de la liste, les lacs d'altitude du Moyen et du Haut Atlas tiennent dans quelques centaines d'hectares : lacs Isli et Tislit (274 ha), lac d'Afennourir (281 ha), zones humides de l'oued El Maleh (450 ha). Petits sur la carte, ils comptent parmi les plus fragiles.
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Trois familles de zones humides
La carte range les sites en trois familles. Sur le littoral atlantique, du cap des Trois Fourches à Dakhla, les lagunes et les embouchures : Merja Zerga, Sidi Moussa-Oualidia, Khnifiss, Dakhla. Dans la montagne, les lacs et les torrents de l'Atlas : aguelmams Sidi Ali et Tifounassine, lacs d'Imouzzer du Kandar, assifs Ahançal, Mgoun et Réghaya. Dans le Sud présaharien, les oasis et les vallées : Tafilalet, Drâa, sebkhat Imlili et ses mares à poissons en plein désert.
Trois sites sont des retenues de barrages — Al Massira, Mohammed V, la lagune et le barrage de Smir. Une eau artificielle peut devenir une zone humide d'importance internationale quand les oiseaux migrateurs l'ont adoptée ; leurs emprises se retrouvent, mesurées autrement, dans le jeu Global Dam Watch publié en même temps.
Quand le polygone et la fiche ne s'accordent pas
Chaque site porte deux superficies : celle déclarée par le Maroc lors de l'inscription (area_src_ha) et celle calculée sur le polygone officiel (area_gis_ha). Pour 33 sites sur 38, l'écart est inférieur à 3 % : la fiche et la carte disent la même chose. Pour les autres, non.
En hectares
RSIS, 2026 — area_src_ha et area_gis_ha
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| Déclarée | Polygone | |
|---|---|---|
| Moyenne Drâa | 45 000 | 56 398 |
| Sebkha Bou Areg | 14 000 | 11 304 |
| Marais et côte du Plateau de Rmel | 600 | 517 |
| Sebkhat Imlili | 1 774 | 1 724 |
| Assif Mgoun | 1 400 | 1 370 |
| Barrage Mohammed V | 5 000 | 5 119 |
La moyenne vallée du Drâa est déclarée à 45 000 ha ; son polygone en fait 56 398, un quart de plus. La sebkha Bou Areg, lagune de Nador, est déclarée à 14 000 ha pour un polygone de 11 304 — un cinquième de moins. Les marais du plateau de Rmel, près de Larache, perdent 14 %. Ce ne sont pas des erreurs du jeu : la colonne area_diff_pct conserve l'écart tel quel, précisément pour qu'on le voie. Une fiche d'inscription date d'un jour ; un polygone, souvent redessiné depuis, d'un autre.
S'en servir
- Pour une étude d'impact, l'emprise officielle dit si un projet touche un site inscrit ; la fiche RSIS dit pourquoi il l'est.
- Pour suivre l'eau, posez ces limites sur la présence annuelle des eaux de surface du JRC : on voit Merja Zerga ou Sidi Boughaba se rétracter dans les années sèches.
- Pour les oiseaux, les lagunes atlantiques sont les escales de la voie de migration est-atlantique ; les polygones permettent de compter ce qui, autour, est bâti ou cultivé.
Trente-huit sites, c'est beaucoup pour un pays au climat sec. C'est aussi le signe que les zones humides du Maroc sont rares, et qu'on les a comptées.
Notes
-
Convention sur les zones humides, Service d'information sur les Sites Ramsar (RSIS), profil du Maroc, limites officielles 2026, licence CC BY 4.0. Les superficies et les écarts cités sont calculés sur le jeu publié. ↩
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